Couple, denrée périssable
26 juillet 2008
C’était il y a… cinq ans, six peut-être. Je l’ai vue et j’ai su, un coup de foudre instantané. En amitié.
Et puis elle est tombée amoureuse.
Je me rappelle son regard lorsqu’elle me parlait de lui, ses larmes, ses craintes lorsqu’il luttait contre ses démons. Son soulagement lorsqu’ils se sont installés ensemble, et le bonheur dans ses yeux, lorsqu’elle m’a fait faire la visite de l’appartement, ma jolie fée tournesol…
Puis vint l’automne, et l’agacement dans ses yeux, lorsqu’il la reprenait. Lorsqu’il parlait de son job à elle comme s’il y était lui, lorsqu’il parlait comme s’il savait… alors qu’il ne savait pas, ou pas vraiment du moins. Je l’ai regardé, surprise. Elle l’a regardé, énervée. Malaise. Mais je n’ai rien dit, j’ai cru que mon radar était brouillé, ou peut-être trop sensible. Je me trompais.
Aujourd’hui, je l’ai accompagnée pour récupérer ses affaires dans l’appartement désormais un peu vide. Derrière le sourire étonné lorsqu’il m’a vu, j’ai bien reconnu le regard qu’il m’a jeté. Trahison, c’est ce qu’il a pensé. Et puis il y a eu l’agressivité derrière ses blagues, et les conseils à nouveau, le paternalisme, les leçons, les cartons préparés alors qu’elle lui avait dit de ne rien en faire, la crise de parano, et d’autres choses encore… Et le sourire et la douceur pour masquer la colère. Jouer les étonnés ou les victimes, crier à la méprise, et claquer la porte, très énervé. Et elle qui fait front, en face, et qui résiste. Forte malgré son apparente fragilité. Terriblement déterminée.
Et moi au milieu.
J’ai attendu que le camion tourne le coin de la rue pour fondre en larmes, là dans la rue.
Comme une prémonition, comme un goût amer dans la bouche… comme une sensation de bientôt-vu.
Les histoires d’amour finissent mal, en général.
Les histoires finissent en général.
Puis d’autres commencent.
La vie ne serait pas merveilleuse si elle n’était pas parfois cruelle.
Du courage et du bonheur à vous et votre amie.
Amitiés
Ma compagne à moi m’a fait des reproches de ce genre, du genre « Monsieur je sais tout », du genre « Tu me traites comme de la merde quand nous sommes en public » et d’autres. Reproches partiellement fondés. (Ben ouais, je ne suis pas parfait, ni lui, ni elle, ni toi, ni personne.)
Ben non, on a tous des défauts. On a tous en nous-même des mauvaises herbes, des germes plus ou moins développés, qui peuvent, si on ne les traite pas, ruiner la plus belle des histoires d’amour.
Mais on peut mettre un peu de désherbant ou d’antibiotiques, souvent à grandes ordonnances de parole, et on en réchappe en général.
@ Madame Noire : Certes. Ce sont de tels moments qui font qu’on en apprécie d’autres, plus tard. Merci.
@ CUI : Mouais. Là c’est plutôt du genre “Je sais ce qui est bon pour toi et toi tu ne sais pas alors laisse-moi guider ta vie et tout ira bien”, c’est le genre de truc nettement plus difficile à déraciner et gérer que ceux dont tu parles dans ton commentaire…
Cette très belle note me rappelle tant de souvenirs, “Derrière le sourire étonné lorsqu’il m’a vu, j’ai bien reconnu le regard qu’il m’a jeté. Trahison, c’est ce qu’il a pensé. Et puis il y a eu l’agressivité derrière ses blagues”… Ils étaient notre couple “réference” dans cette bande d’amis; lorsqu’elle l’a quitté , je l’ai hébergée quelques temps…mais il a tant et tant rôdé autour de chez moi, menaçant, qu’il n’a laissé place à aucunes larmes….bien à vous.
Six
@ Six : Arf… J’espère pour lui qu’il a compris maintenant que tout était bien fini. Merci pour vos mots…
J’ai été des deux côtés de ces cartons : ceux qu’on se partagent, qu’on se rend, qu’on se débarasse et ceux qu’on aide à porter pour un ami, un copain…
Je ne sais pas s’il y a une position qui est préférable… parfois se séparer c’est une délivrance, parfois c’est un mur qu’on prend en pleine gueule, parfois c’est une croix sur le carnet de ses illusions
aller récupérer les cartons.. c’est sans doute un des pires moments, juste après, quand on réalise que tout est bien fini..c’est comme aller au cimétière voir que le cadavre est toujours là et surtout qu’il est encore chaud
@ Gus : Vous êtes en mode “je fais de l’humour et j’aime ça”, ce soir ? L’image du cadavre on ne me l’avait jamais faite, ciel !!!! :p
On dirait bien de l’humour noir ! Hum hum
@ Madame Noire : Je ne vous le fais pas dire !
Jolie, cette trouvaille du “bientôt-vu”…
Les histoires d’amour finissent mal oui.
Mais elles commencent bien !
Et puis il est possible de s’orienter vers l’association de malfaiteur. C’est plus amusant et ça finit parfois mieux.
@ 502 : Belle idée, l’association de malfaiteurs… A creuser…
c’te merde… Je me demande pourquoi ma seule envie, c’est de construire une relation … C’te merde
Sourires, je ne voulais pas être drôle. Votre post m’a rappelé de mauvais souvenirs
Mais il est vrai que j’ai toujours cette “image” en tête lorsqu’on repasse dans un appartement ou l’amour était encore là il y a quelques jours à peine..
@ Epp : Pourquoi “cte merde” ? C’est bien d’avoir envie de stabilité, reste à savoir si tu en es capable et si tu ne vas pas te lasser rapidement, puisque tu sembles être assez partagé…
(merci pour la visite !)
@ Gus : Aïe. L’image est un peu noire mais très juste, ceci dit…
Une note d’une poignante justesse…
@ kinky : Merci, mais ce n’est qu’un regard extérieur…
j’adore “comme une sensation de bientot vu”!!
heureuse, tres heureuse que t’ais rouvert les commentaires
@ cholera : Je savais que cela allait te plaire…