Chronophage (IV)
1 décembre 2008
Lundi : Deux jours que Gershwin te harcèle de sms décrivant de façon explicite ce à quoi tu auras droit pendant la “no limit session” du lundi matin, tout ça pour annuler à la dernière minute. Lione la sera, coglione la mattina, tous les mêmes.
Mardi : Tu roules à 150 km/h sur les petites routes de campagne et insultes tous les automobilistes et piétons qui croisent ton chemin mais tu arrives finalement à l’heure pour poser un dernier baiser sur son front glacé.
Le reste de la journée se perd dans un brouillard de larmes.
Mercredi : Tu déjeunes avec l’un des hommes les plus influents de la planète. Ton boss, accessoirement. Il te lance des clins d’oeil de l’autre côté de la table, teste ton italien, ton allemand, ton espagnol et ton russe, tu souris à ses blagues mais tout cela n’est qu’une façade. Ton esprit est ailleurs.
Jeudi : L’avantage du bureau unipersonnel est que lorsque tu t’enfermes pour pleurer, personne ne se rend compte de rien. Alors forcément tu ne t’en prives pas.
Vendredi : Il y a à nouveau un coeur qui bat amoureusement dans ta poitrine, un peu, parfois. Tu en verses même quelques larmes de joie, petit nuage rose au milieu d’un amoncellement de cumulus gris.
Week-end : Ton corps s’active et se disperse, ton cerveau est aux abonnés absents.
Un jour peut-être il refera surface, d’ici là tu n’as plus envie d’écrire, plus envie de lire, plus envie d’être lue.
Pas ici du moins.
Il faut que jeunesse se fasse,
il faut que deuil se passe,
les mots me fuient,
l’envie aussi.
A bientôt.
(parenthèse)
21 novembre 2008
C’est ce petit détail futinutile qui me fait mesurer, au final, le travail accompli, les progrès,
ce nouveau moi qui sort peu à peu de son ancienne peau trop étroite et va s’étirer et gambader au soleil
(hum tout est relatif, ceci est une image, même ici il fait froid, parfois).
Aller travailler en jupe n’est plus une exception, une hérésie, un calvaire, un fantasme,
une prise de tête, une angoisse, une chose complètement folle et insensée
(rayer la mention inutile).
Aller travailler en jupe est normal.
Et cela ne tient pas à la personnalité de l’employeur, il n’y a, finalement, aucun dress code.
Les autres sont en jean et moi en jupe.
Cherchez l’erreur.
edit 11h18 : prochaine étape ?