Chronophage (I)

19 novembre 2008

La première semaine c’est le débarquement. Tu te retrouves un dimanche soir dans cette ville que tu connais à peine, dans un appartement vide et froid, encombré de cartons, avec pour seule idée en tête le désastre familial que tu laisses derrière toi. Le nouveau job que tu avais oublié, cette nouvelle vie à construire, tout cela te semblait très loin. Manque de bol, le temps a continué sa course et te voilà au pied du mur, plus moyen de reculer.

Alors tu fais de la spéléo dans les cartons pour trouver de quoi t’habiller pour le grand jour, et tu commences vaille que vaille, à faire le tri dans ce bazar général.

 

La première semaine, c’est t’installer dans ce nouveau bureau dont la porte portera bientôt ton nom, et apprivoiser tes collègues ainsi que la télécommande qui sera désormais ta meilleure amie. C’est aussi les retrouvailles avec une cantine d’entreprise chose qui, on se demande bien pourquoi, ne t’avait absolument pas manqué.

 

La première semaine tu t’habilles en noir strict, employeur oblige, tu parles peu, mais tu observes beaucoup. Tu remplis des formulaires, tu te perds dans les couloirs labyrinthiques et tu ne tentes même pas de retenir les prénoms des uns et des autres. Qu’importe. Il fait beau et tu as de l’espagnol dans les oreilles, alors tu restes quelque peu optimiste.

 

Heureusement, le job est intéressant. Ta chef aussi d’ailleurs, pour un coup tu sentirais presque un feeling passer, ce truc bizarre qui te fait penser que « ça va le faire, et bien ». Et il se pourrait que tu ne te trompes pas, puisqu’à la fin de la semaine tu travailles déjà seule sans révision. Très rare, paraît-il. Mais peut-être que tu le vaux bien.

 

Tout cela c’est bien joli, mais en attendant, la première semaine te crève. Tu campes plus que tu ne vis dans cet appartement, et tu passes tes soirées à vider des cartons, à penser stratégie d’ameublement, à chercher des stations de radio intéressantes et à refaire l’inventaire de ta collection de CD. Alors forcément, te nourrir n’est pas vraiment une priorité et tu grignotes. Et puis de toute façon tu n’as pas vraiment faim, puisque là-bas, le climat familial est toujours ce qu’il est. Alors une oreille sur le combiné téléphonique où ta mère pleure, et l’autre décollée du combiné où Celui qui est resté Seul pleure également, parfois tu te demandes ce que tu es venue faire ici. Qu’importe. Tu voulais de l’air, tu voulais de la liberté, tu les as. Maintenant assume, ma grande.

 

 

À suivre…

 

Too [whatever] to work

14 novembre 2008

(je suis en verve en ce moment, profitez-en, c’est pas si souvent…)

Froid. Froid polaire, froid glacial, à l’intérieur comme à l’extérieur. Je m’énerve sur la télécommande qui règle la température, le chauffage, l’éclairage, le lever/la descente des volets (rayer la mention inutile), mais rien n’y fait.

J’ai froid.

La faute au décolleté, sans doute, la faute à la fatigue, la crève latente et la courte nuit sûrement, la faute au jogging sur le pont ce matin, certainement.

La faute à cette chose qui tourne en sourdine, ce truc qui mouline en coulisses, ce pressentiment, cette chose dont j’attends qu’elle me tombe dessus sans trop savoir à quelle sauce je vais être mangée, ni comment je vais la gérer.

Il me faudra au moins une nouvelle tête (court toujours mon amour), quelque achats compulsifs et plusieurs verres avec le Gentil Séducteur* ce week-end pour me changer les idées. Sauf si le sort/la mort/mon corps (amstramgram, ah mince non, c’est pas moi qui choisis) en décide autrement.

Wait & see, then.

* GS pour les intimes, j’inaugure un nouveau concept

Edit 15/11 : La flemingite aiguë me monte à la tête, j’avais oublié d’ouvrir les commentaires. Mes excuses.